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Weight Loss Methods

January 24, 2010
Source: La Presse Canadienne

Les femmes s'acharnent à suivre des régimes malgré les échecs


La Presse - January 24th, 2010
Les femmes s'acharnent à suivre des régimes malgré les échecs
La Presse Canadienne
Sun Jan 24 2010
Section: Nouvelles


MONTREAL _ Malgré les échecs successifs et douloureux, les femmes retournent constamment vers les régimes croyant qu'elles ont échoué les fois précédentes.
"Elles n'expliquent pas leurs échecs par le moyen: elles vont s'attribuer la cause de l'échec", explique Lyne Mongeau, qui est coordonnatrice du Plan d'action gouvernemental de promotion de saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids au ministère de la Santé. Comme, au départ, un régime fonctionne et fait fondre, en apparence, quelques livres, les femmes recommencent.
"Elles se mentent à elles-mêmes: au fond, elles savent très bien que ça n'a pas de bon sens, mais elles sont prises là-dedans et elles finissent par se faire croire que cette fois ça peut fonctionner", explique Yoni Freedhoff, directeur médical de l'Institut médical bariatrique situé à Ottawa et auteur du blogue Weighty Matters. "Nous vivons dans une société diètecentrique", poursuit le médecin.
Le régime amaigrissant est un sujet qui est loin d'être tabou. Il faut voir la multitude de promotions offertes par les programmes d'amaigrissement en ce début d'année.
Nous avons une attitude face au poids qui est très malsaine, croit Josée Guérin. Les femmes qui perdent du poids se félicitent. Autour d'une table, entre copines, une femme n'hésitera pas à raconter qu'elle fait une diète aux protéines, ce qui explique sa nouvelle silhouette, relate la nutritionniste. On va échanger ses recettes d'omelettes aux blancs d'oeufs avec fierté.
A l'inverse, on entend rarement une femme expliquer dans les détails comment elle a pris 10 livres. Parce que c'est très mal vu. "Une femme plus grosse va être vue comme une paresseuse", avoue Josée Guérin.
"L'obésité a le dos large! lance Clotilde Seille, qui a réussi de peine et de misère à sortir les régimes de sa vie. Si c'était aussi simple que de moins manger et faire du sport, il n'y aurait presque pas d'obèse. Mais le poids, c'est l'arbre qui cache la forêt."
"Il ne faut pas prendre le problème par l'assiette : il faut le prendre entre les deux oreilles", affirme-t-elle. "C'est une pathologie de santé mentale, tranche Josée Guérin. Elle devrait être traitée comme telle."
Certaines femmes ne sont pas conscientes qu'elles ont un trouble alimentaire. D'autres le savent très bien, mais en ont honte.
Il est aussi très difficile de laisser s'envoler ce beau rêve de perdre 20 livres en trois mois. Certaines sont toujours convaincues, après des années d'enfer, que la prochaine fois sera la bonne.
"Nous leur disons qu'elles ne vont pas maigrir, mais qu'elles vont améliorer leur santé", explique Lyne Mongeau, qui a élaboré le programme Choisir de maigrir, il y a 20 ans. "Ça serait bien de les avoir à 25 ou 30 ans, avant qu'elles ne détruisent leur santé, avoue-t-elle. Mais pour certaines, il faut aller au fond du baril."
La nutritionniste Guylaine Guèvremont a fondé la clinique MuUla, précisément pour traiter les problèmes récurrents de comportements alimentaires. Sa période la plus achalandée est le printemps. Les gens ont pris du poids pendant les Fêtes. Mais avant de consulter, plusieurs essaieront de perdre ce vilain 10 livres, pour mieux se présenter à la clinique. Toujours cette idée qu'on peut régler le pire, rapidement. Lorsqu'elles y vont, en avril, le 10 livres sera devenu 15 livres et leur estime d'elles-mêmes, encore plus amochée.
"Ca ne paraît pas, raconte Mme Guèvremont. Ce sont des femmes solides. Des femmes de carrière. Ce sont de belles femmes que j'ai devant moi, mais lorsqu'elles me parlent de leur corps, c'est comme si c'était la pire des horreurs. On ne peut pas imaginer à quel point ces femmes-là se sentent mal dans leur peau. Elles ont passé une grande partie de leur vie à se trouver laides."
Les femmes ont mis leur corps en famine, selon Mme Guèvremont qui suggère d'abord d'enlever les interdits. "En ayant accès à tous les aliments, c'est plus facile d'arrêter de manger", explique Guylaine Guèvremont.
"C'est dans la liberté que se trouve la solution, dit Clotilde Seille. Pas dans la privation." Selon elle, les gens qui prennent toujours la résolution de perdre du poids, à chaque début d'année, devraient cette année plutôt choisir d'être libres.
Et elle? "Un médecin considérerait peut-être que j'ai 15 livres à perdre, mais il n'en est plus question." Après 20 ans à avoir mangé ses toasts sans beurre et son poulet sans peau, elle se gâte aujourd'hui en faisant ce qui lui plaît. Dans son assiette comme dans sa vie. "Tout le monde a le droit de bien s'habiller, plaide-t-elle. Tout le monde a le droit d'aller chez le coiffeur et de se maquiller!"
L'utilisation du féminin pour ce reportage s'est imposée. Les femmes sont beaucoup plus nombreuses à suivre diète après diète. La pathologie entre les femmes qui suivent un régime et les hommes est aussi très différente.
FGMPV750.PCM - La Presse